Esteban Muth un espoir… étonnant


  • Publié le samedi,04 mai , 2019 á 10:11 | Dans la catégorie : Actualités, Circuit, Hors-frontières, Sport

    Par Patrick Hayot

  • Entretient – En 3 décades dans le milieu, on peut que des espoirs, on en a déjà vus et revus. Certains ont disparus, d’autres ont confirmés. Mais sur la forme, tous ont toujours démontré une même approche. Une approche presque scolaire et qui se base sur l’unique motivation de la réussite… à tout prix !
    Dire que Esteban Muth a une vision différente de sa carrière serait vraiment une ineptie. Pourtant, lors de notre rencontre, ce « p’ti jeune » (il toise pas loin des 1m70) nous a dit les choses simplement, avec un contrôle déjà mesuré dans ses propos.
    – Esteban… Pourquoi la monoplace ? Un effet D’Ambrosio et Vandoorne ?
    – Tout d’abord parce que c’est la discipline qui me fait vibrer le plus ! Les sensations sont uniques, incroyablement excitantes. Ensuite… parce que je m’y trouve bien. Même si il est vrai que j’aimerais avoir une carrière comme celle de Jérôme ou Stoffel. Sans oublier, qu’en monoplace et surtout en F1, il faut être au bon endroit, au bon moment et avec la bonne personne.
    – Vous commencez à vous révéler, le milieu dans lequel vous évoluez est donc parfait ?
    – Oui. Le fait d’être dans un team renommé comme le Strakka Racing, d’avoir comme conseiller André Lotterer et d’être couvé par l’équipe belge M2 Compétition, est vraiment une très très belle opportunité pour apprendre et progresser.
    – Sans oublier que vous êtes encore étudiant et qu’il y a les copains et copines.
    – C’est l’autre côté du miroir. Les études, je les poursuis en fonction du calendrier des courses. On s’est tous adaptés. Quant aux amis et amies, c’est vrai que c’est parfois difficile car on ne se voit que très peu. Mais c’est surtout la famille. Heureusement, mon père est dans les parages et c’est un précieux soutient !
    – Justement, quel est le lien entre vous et André… puisque celui-ci ne se déclare pas être votre manager ?
    – L’histoire a débuté en karting. Je me suis retrouvé en même temps que lui en piste lors d’incentives ou lors d’entraînements. Voyant mes temps, il a été curieux de me voir et moi, ravi de ce contact. Il faut dire que André est d’une simplicité car au vu de son statu, de son expérience, de sa renommée, il aurait pu être plus distant. On a vraiment construit une excellente relation.
    – Au point de… ?
    – Au point de considérer celle-ci bien plus qu’une relation entre passionnés ! J’ai encore tant à apprendre et les échanges que j’ai avec André sont de qualités car il ne se prend pas la tête, ila cette faculté de partager !
    – Et comme lui, vous êtes belgo-allemand ! Ceci dit, quand vous êtes dans votre Formule Renault Eurocup, vous êtes seul…
    – Oui, mais c’est parce que je le veux. Disons que cela fait partie de ma mise en condition.
    – Vous pouvez expliquer ?
    – D’abord, il n’y a pas que André qui me conseille, il y a le staff de M2 Compétition et celui du Strakka Racing. Pour ma deuxième année en monoplace, j’ai même abordé la saison d’une façon quelque peu différente.
    -En quoi ?
    -En préparation. En fait, je prends tout et je fais le tri du meilleur de chaque chose afin d’apprendre, de progresser. Pour tout vous dire, je fais de la méditation régulièrement et ça m’aide beaucoup.
    – Pardon ?
    – Oui, c’est le staff du Strakka Racing qui m’a proposé d’essayer ça. Et ça marche car cela me permet de me sentir, d’être en osmose avec ce que je vais faire, ce que je veux faire.
    – Euh… Pas facile quand on est dans le paddock ou sur la grille de départ.
    – C’est vrai, mais à ces moments-là, je me conditionne, je suis dans ma bulle. La méditation, je la fais seul au fond du camion. Puis je viens à ma voiture le plus tard possible et là, je me glisse dans ma F3 et je me refais le tour du circuit.
    – Mais entre le camion et le bolide, un pilote moderne rencontre pas mal de gens de tout bord : sponsors, journalistes, photographes, fans… et se doit de faire preuve de bonne attitude. Non ?
    – Oui, j’y suis attentif. Mais une fois la tirette relevée jusqu’au cou et le casque sur la tête, un pilote est une tout autre personne. Vous le savez bien !
    – Effectivement… Il faut juste savoir comment vous fonctionnez. Mais la méditation comme remède ou prépa… ça étonne !
    – Je sais, moi aussi j’ai été surpris la première fois, mais je crois que dans toute chose, il y a du bon à prendre. Et c’est de ça dont j’ai besoin. Le meilleur… pour être meilleur.
    D’accord, mais d’un point de vue technologie, il y a déjà une sacrée différence entre la F4 de l’an dernier et votre FR3 de cette saison.
    Oui, car on tourne près de 20 à 25s plus vite au tour ! Si les paramètres sont les mêmes, les réglages sont d’un autre monde. Ce n’est pas comparable. De bonnes bases, mais pas comparable.
    – Quel est le « doss » de cette Formule Renault Eurocup ?
    – L’aéro ! Là, c’est vraiment le gros chapitre. Si on se loupe dans ses réglages, on se prend une raclée. Le compromis entre appuis, vitesse de pointe, profiter de l’aspiration, l’usure des pneus… 2019 est une grosse saison d’apprentissage.
    – On vous laisse le temps d’apprendre ?
    – Oui et non. Dans un sens oui, si on considère que je fais un grand « step » cette année. Non car je me suis aussi fixé un objectif et que ce soit le Strakka Racing, M2 Competition ou André, on est bien conscient que le temps tourne très vite.
    – Et votre objectif est ?
    – Être rookie en Formule Renault Eurocup cette année et de confirmer l’année suivante en visant le titre de champion.
    – Et il y a de la concurrence !
    – Oui, c’est même une grosse année pour Renault puisque l’on compte pas moins d’une quinzaine de rookies (débutants) sur la grille et… Ugo de Wilde n’est pas le moindre puisqu’il a gagné sa première course à Monza, là où je termine dans le top 20 alors que je ne lui rends que 3/10ème au tour en course ! C’est dire qu’il va falloir se battre… Et j’adore ça !
    Esteban Muth va donc poursuivre son apprentissage de la monoplace de très haut niveau dès le week-end prochain avec la seconde manche à Silverstone (Grande Bretagne).


    Photos ©2019 auto-center.be

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